Please ensure Javascript is enabled for purposes of website accessibility
Méfaits accomplis
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.



 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Deal du moment :
Fire Emblem : où précommander Fire ...
Voir le deal
99.90 €

Partagez

No water under that bridge [Oscar]

Méfaits accomplis :: Control time :: The past
Aster Vaughn
Aster Vaughn
Assistante infirmière
Messages : 360
Date d'inscription : 25/09/2020

No water under that bridge [Oscar] Empty
Ven 29 Oct - 22:36
25 octobre 2021


Seize ans. Après des jours à reculer devant l’idée, et à être terrifiée par elle, Aster s’était finalement réveillée le jour du seizième anniversaire de sa sœur, et elle avait éclaté de rire. Parce que c’était ridicule. Marigold, adolescente, en train de préparer ses BUSE ? Marigold, ayant passé la puberté, dépassant le mètre quarante, portant un soutien-gorge, avec des préoccupations de jeune fille. Marigold en âge de se promener toute seule à Pré-au-lard ! Ahaha, comme si elle avait pu soudain surgir, sortie de son dortoir à Poudlard (lequel, cette bonne blague ?), et venue lui rendre visite à l’improviste à la colocation. Absurde. Impossible. Inimaginable.

Elle avait reçu une invitation de ses parents à les rejoindre pour le déjeuner, et se mordit la lèvre en jetant un œil au parchemin qui gisait sur son bureau. Elle se sentait coupable de ne pas vouloir y aller et de les laisser seuls, mais elle n’était pas certaine d’être capable de s’y rendre. Au fond, cet accident n’avait pas volé qu’une seule fille aux Vaughn. Il était tôt, pour un dimanche. Aster se leva et se prépara avec un certain automatisme. Elle haïssait l’idée de ce dimanche, sans obligation pour lui occuper l’esprit artificiellement. Elle avait voulu se porter volontaire à l’infirmerie, mais le créneau était déjà pris par un autre étudiant. Le stress rampant à l’approche de l’anniversaire lui avait déjà fait terminé ses devoirs avec frénésie, et elle était incapable de lire. Pour autant, rester là à attendre n’était pas une option non plus. Elle…

Avant qu’elle en ait pris conscience, elle était habillée pour aller dehors. Cape, bottes, écharpe. Elle ne s’arrêta pas par la cuisine, l’estomac noué. Le petit déjeuner était la dernière chose qui lui faisait envie, et comme elle n’avait pas l’intention de se rattraper au fameux déjeuner familial… Bah. Pas de place dans son esprit pour cette logistique triviale. Elle était déjà dans la rue, le visage fouetté par le vent écossais, et la fraîcheur de l’air atténua le goût fantomatique de sang et de poussière qui restait coincé dans sa bouche.

Elle n’avait pas réfléchi et pourtant, quand elle arriva devant le pont de pierre de Poudlard, ce fut comme une évidence. Traverser le pont. Le seul pont d’où ni elle, ni personne ne pouvait transplaner, puisqu’il était dans l’enceinte de l’école. Elle l’avait contourné pendant cinq ans, nauséeuse seulement à le regarder. Il était temps d’expier, d’être une véritable Gryffondor courageuse, et de traverser ce fichu pont. Si elle arrivait à faire ça, elle serait assez forte pour se rendre chez ses parents et arrêter d’être une fille indigne. Il n’y avait rien d’autre à faire que de mettre un pied devant l’autre et recommencer.

Elle considéra la longueur impressionnante du pont, la dentelle de pierre de sa rambarde, la hauteur du vide qu’il surplombait et sentit son cœur s’accélérer. En quoi est-ce que ça rendait hommage à sa sœur que d’oser enfin affronter sa phobie ? Non. C’était un acte purement égoïste, mais ça n’était pas une excuse pour se défiler. Elle souffla par la bouche, inspira par le nez, et posa le pied sur la pierre.

Juste un pied devant l’autre, mais sans regarder vers le bas. Elle fixa son regard sur l’horizon, sur l’arrivée. Tous ses sens étaient en alerte, à l’affut de l’effondrement, une main serrée autour de sa baguette, l’autre légèrement levée, comme pour l’aider à maintenir son équilibre. Elle aurait été plus sereine si on lui avait demandé de faire du funambulisme sur une corde raide. Un pas. Un pas de plus. Le sang lui battait aux oreilles. Ne pas regarder derrière soi. Elle déglutit, sentant l’angoisse monter à l’idée qu’elle était désormais trop avancée pour pouvoir courir en arrière se réfugier sur la terre ferme. Elle était piégée. Encore un pas.

Elle voulut inspirer pour calmer les prémices de panique qui montaient en elle, pied suspendu entre ciel et terre dans un énième pas fatidique, mais la gravité qui pesait sur ce pont oppressait sa poitrine. La sensation froide d’une goutte de sueur glissant sur sa tempe la déstabilisa. Son pied hésita avant de se poser et elle vacilla, attrapant la rambarde de sa main libre. Est-ce que c’était elle, ou bien est-ce que le pont avait bougé ? Elle aurait juré qu’il se balançait sous ses pieds. Une bourrasque vient la bousculer, la décoiffant légèrement, et elle eut l’impression de se retrouver en pleine tornade. Transplaner, aller se mettre en sécurité… sauf que c’était impossible. Courir, alors. En finir au plus vite. Elle voulut s’élancer. Etait-ce sa main restée accrochée au parapet ? Son sens de l’équilibre perturbé par le léger balancement de la construction ? La panique lui coupant littéralement les jambes ? Elle trébucha vers l’avant et s’étala de tout son long.

Le changement de hauteur brutal acheva de lui faire perdre ses repères. Où était le haut, où était le bas, où était la sortie ? Elle avait l’impression que sa poitrine allait exploser si elle faisait le moindre mouvement supplémentaire, même si rester là risquait de l’entraîner vers une mort certaine. Elle resta allongée dans la poussière, cherchant à retrouver son souffle et la réalité, sans parvenir à se convaincre que le sol ne vibrait pas sous elle.


https://mefaitsaccomplis.forumactif.com/t805-aster-vaughn-bees-h
Oscar Ridley
Oscar Ridley
Bibliothécaire
Messages : 103
Date d'inscription : 28/03/2021

No water under that bridge [Oscar] Empty
Dim 21 Nov - 10:38

Aster & Oscar
No water under that bridge


Septembre était passé à une vitesse hallucinante et octobre entrait déjà dans ses derniers jours. L’air était frais, mais pas encore froid, mais les jours qui raccourcissaient avaient le don de donner le cafard à Oscar. Comme tout rat de bibliothèque qui se respecte, il adorait bien sûr passer les après-midi froides derrières une vitre, un bon thé ou café fumant dans une main et un épais volume dans l’autre... Mais voir la nuit commencer à tomber sur les coups de cinq heures, ça n’avait rien de marrant. Alors, forcément, le bibliothécaire, l’automne venue, décidait toujours de faire le plus de choses possibles avant que le soir ne vienne, profitant au maximum des heures de soleil qui lui étaient accordées.

Un petit-déjeuner pris tôt, tous les livres empruntés à la bibliothèque magiquement remis en place et triés, et puis... Et puis une envie de se promener. La journée était belle, l’air automnale embaumait certainement la forêt interdite... Ouais, Oscar avait envie de sortir, d’entendre les feuilles mortes craquer sous ses pieds, de laisser un peu d’air frais gonfler ses poumons. Alors qu’il se dirigeait vers la forêt, son regard fut attiré par le pont de pierre. Il pencha légèrement la tête sur le côté en reconnaissant la silhouette d’Aster, comme figée au bout. Il allait lui faire signe, mais se retint en la voyant commencer à avancer. Tête haute, comme si elle fixait un point visible uniquement à ses yeux, elle avançait méthodiquement, comme une équilibriste sur un fil tendu au-dessus d’une piste de cirque.

Incapable de détacher son regard d’elle, Oscar la fixait, fasciné par son manège. Mais qu’est-ce qu’elle faisait, au juste ? Et puis, il la vit se retenir soudainement à la rambarde, comme si tout tremblait sous ses pieds. La panique monta en lui et il commença à se diriger vers elle... Non. Il courait. Il courait vers elle, prêt à la rattraper, tout en gardant au fond de l’esprit l’idée que non, décidément, rien n’avait pu bouger, ou il l’aurait senti aussi. Ce pont en pierre était là depuis des centaines d’années et n’avait jamais bougé d’un pouce. Seul un tremblement de terre aurait pu... Il leva les yeux et la vit tenter de bouger, mais elle restait comme clouée au sol. Et puis, alors qu’il était à peine à un mètre d’elle, elle tomba, face contre terre, arrivée au bout du pont.

« Aster ! »

Inquiet, il arriva devant elle et s’accroupit aussitôt, l’aidant à se redresser, une main dans son dos.

« Ça va ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »

Il n’arrivait pas à comprendre ce qu’il avait vu, ce qui lui était arrivé. Tout semblait pourtant normal... Est-ce qu’elle avait le vertige ? Est-ce qu’elle avait tenté de surmonter cette peur en passant sur ce pont ? Ou peut-être était-ce quelque chose de bien plus simple, comme un malaise parce qu’elle n’avait pas mangé ? Quoi qu’il en fût, Oscar était inquiet, son habituel sourire moqueur avait disparu de ses traits. Le regard fixé sur elle, il attendait qu’elle reprenne son souffle, qu’elle lui réponde et qu’il comprenne enfin comment il pourrait l’aider.

AVENGEDINCHAINS
Aster Vaughn
Aster Vaughn
Assistante infirmière
Messages : 360
Date d'inscription : 25/09/2020

No water under that bridge [Oscar] Empty
Dim 13 Fév - 22:33
Des tâches noires lui explosaient devant les yeux, à moins que ce ne fut de la poussière s’élevant du pont en train de s’effondrer. Pourquoi est-ce qu’il n’en finissait pas de s’effondrer ? Le sang rugissait à ses tempes, annihilant le craquement des pierres et du bois, et tout tremblait au rythme de sa poitrine qui se soulevait en saccades furieuses. La première fois, les secondes aussi s’étaient étirées, au début, avant de s’accélérer brutalement, comme pour se venger de sa brève sidération. Mais là… Ca n’en finissait pas, c’était de la pure torture.

Aster. Son nom claqua par-dessus le vacarme. Sa sœur aussi avait crié son prénom dans sa chute, presque surprise, une inflexion de panique aigue sur la deuxième syllabe dont l’écho lui revenait encore la nuit. Mais là, c’était différent. Une voix bien plus grave. Sans pouvoir la replacer, Aster s’y accrocha, parce qu’elle pénétrait ce moment horrible, et très vite, la voix reprit, suivit de mains. Grandes. Elle se cramponna à l’une tandis que l’autre la soutenait dans le dos, l’aidant à se redresser, à franchir les derniers pas. Et enfin, la terre ferme.

Lâchant la main de son sauveur, la Gryffondor se laissa tomber à genoux dans l’herbe verte, les yeux clos le temps de retrouver un souffle normal. Oscar, c’était Oscar à côté d’elle. Et il aurait pu être blessé en venant avec elle sur le pont, à moins que… Rouvrant les yeux, elle tourna légèrement la tête, regardant en arrière. Le pont était toujours là. Immobile. Au-delà de sa respiration ravagée, le calme dominical flottait en l’air. Pourtant, le goût de sang… ? Elle tâtonna : elle s’était mordu la langue dans sa panique.

Aster s’assit doucement sur ses talons, et étala ses mains dans la pelouse humide, y cherchant un appui réconfortant. Elle était très pâle, un peu tremblante, mais avait retrouvé une certaine présence et réussit, pour la première fois, à regarder Oscar.

« Merci. Le pont… » Elle inspira profondément. « J’ai peur des ponts. J’aurai dû emprunter un autre chemin, j'ai été stupide. »

Elle ne pu s’empêcher de scanner le bibliothécaire du regard : nope, il semblait aussi intacte que le pont.

« Est-ce que je t’ai interrompu ? Je suis désolée. »

Désolée de l’avoir entraîné dans un danger pareil, désolée d’être irrationnelle, désolée de se sentir aussi mal.

https://mefaitsaccomplis.forumactif.com/t805-aster-vaughn-bees-h
Oscar Ridley
Oscar Ridley
Bibliothécaire
Messages : 103
Date d'inscription : 28/03/2021

No water under that bridge [Oscar] Empty
Jeu 17 Fév - 18:36

Aster & Oscar
No water under that bridge


Oscar était légèrement – totalement – paniqué. Il n’était pas franchement habitué à gérer ce genre de situation et ne savait d’ailleurs même pas quelle situation il était censé gérer. Il lui arrivait quoi, au juste, à Aster ? Aucune foutue idée. Elle avait juste l’air... Complètement ailleurs. Comme si elle n’était pas vraiment consciente de ce qui l’entourait. Le fait qu’elle serre sa main aussi fort qu’elle le pouvait prouvait au bibliothécaire qu’elle était réellement mal, il avait l’impression qu’elle se servait de lui comme d’une ancre... Et il n’était pas certain de pouvoir ou de savoir gérer ça. Il était censé faire quoi ? Lui dire des mots rassurants ? Lui tapoter le dos ? Il n’en avait aucune foutue idée. Il resta donc là, comme un con, à ne rien dire et ne rien faire. Aster s’était laissée tomber dans l’herbe et il resta debout à côté d’elle, impuissant. Petit à petit, elle sembla revenir à elle, son regard se fixant réellement sur les choses. Lorsqu’il se fixa sur lui, il s’assit à ses côtés et tenta de lui sourire, malgré sa peur. Il fronça les sourcils et secoua la tête.

« Mais non ça a rien de stupide. Ça arrive d’avoir peur c’est pas grave. T’as... Essayé de surmonter ta peur ? J’imagine ? C’est plutôt une bonne chose, non ? Fin je crois. C’est un truc de Gryffondor, en fait. Donc c’est forcément bien ! »

Il parlait trop. Encore. Mais peut-être que c’était pour contraster avec le silence qui avait semblé étirer le temps à peine quelques secondes plus tôt ? Ouais, peut-être.

« Interrompu ? Interrompu de quoi ? Nan, tu m’as pas interrompu. J’marchais juste et j’t’ai vue et... T’avais pas l’air bien. Ça va mieux ? T’as besoin d’un truc ? C’est plutôt ton champ d’expertise. Moi à part te proposer un bouquin je peux pas faire grand-chose. »

Il avait vraiment envie de l’aider à aller mieux, mais n’avait aucune idée de comment faire. Réconforter les gens, c’était pas son fort. A part avec de l’humour douteux... Hm...

« T’sais, y’a des peurs bien plus irrationnelles que la peur des points ! Au moins la tienne elle est logique. Fin c’est pas con d’avoir peur des ponts. La hauteur, tout ça. Moi j’ai peur des papillons. C’est quand même vachement plus con, quoi. Les papillons. »

AVENGEDINCHAINS
Aster Vaughn
Aster Vaughn
Assistante infirmière
Messages : 360
Date d'inscription : 25/09/2020

No water under that bridge [Oscar] Empty
Dim 8 Mai - 22:36
Est-ce qu’elle avait essayé de surmonter sa peur ? Oscar avait l’air un peu perdu (pas autant qu’elle sûrement), un sourire incertain aux lèvres, à hésiter avant de débiter des platitudes. Sa maladresse, qu’elle mit un peu de temps à percevoir, la toucha, et acheva de la ramener dans la réalité. Elle n’avait pas besoin d’un roc pour l’empêcher de tomber dans ses propres peurs si un véritable bibliothécaire, charmant dans son imperfection, était là dans le présent. Encore secouée, mais retrouvant rapidement ses facultés, Aster eut un léger rire, dont l’amertume était surtout tournée contre elle-même.

« C’est la première fois que je fais ça. Je suis pas sûre de vouloir recommencer de ci-tôt. On peut vivre sans pont, c’est bien aussi. »

Elle s’en voulait de l’avoir entraîné là-dedans, de lui avoir montré cette partie d’elle-même. Elle avait l’impression de lui devoir des explications pour le dédommager de la scène qu’il venait de vivre, du temps perdu… et, elle n’arrivait pas à se l’enlever de la tête, elle s’en voulait par-dessus tout de l’avoir mis en danger en l’entraînant sur ce pont.

« Merci de m’avoir aidée en tout cas. Ca va, merci. » Elle radotait. « Ca va aller maintenant, ne t’en fais pas. »

Dans sa volonté de répondre à ses inquiétudes, elle semblait presque le repousser. Ca n’était pourtant pas son intention, et elle lui sourit, pour essayer d’adoucir ses mots. C’était plus fort qu’elle, et difficile de trouver le ton parfaitement juste en cet instant. Les sensations de quelques instants plus tôt lui semblaient encore si réelles… Elle allait rester assise un moment de plus.

« Les papillons ? » Alors là, il l’avait prise par surprise, et elle se décentra volontiers, cherchant à s’oublier un instant en s’intéressant à cette mystérieuse phobie. « Pour quelqu’un d’aussi coloré que toi, c’est surprenant en effet. » Rien que ses cheveux lui rappelaient souvent les ailes des insectes, kaléidoscope mouvant et léger, vivant. « Mais c’est vrai que de très près, ils ont une sale tronche. » Avec leurs petites antennes et leurs gros yeux.

Elle se redressa un peu, repliant ses jambes en tailleur. La fraicheur des dernières gouttes de rosée était agréable et elle se mit à tresser quelques brins d’herbe machinalement, parce que ça lui donnait quelque chose à regarder. Au point où on en était…

« Je ne suis pas complètement folle, tu sais. Il y a quelques années, j’ai eu un grave accident alors que je traversais un pont, qui s’est écroulé. J’ai réussi à transplaner de justesse. » Elle déglutit. « Je sais bien que c’est si rare qu’il y a peu de chances que ça m’arrive deux fois, mais quand même. » Elle haussa les épaules d’un air d’excuse, et releva finalement les yeux. Elle avait un peu peur de voir l’expression d’Oscar, et se contenta donc d’observer ses cheveux. Oui, la comparaison avec des ailes de papillon lui paraissait tout à fait fondée.
https://mefaitsaccomplis.forumactif.com/t805-aster-vaughn-bees-h
Oscar Ridley
Oscar Ridley
Bibliothécaire
Messages : 103
Date d'inscription : 28/03/2021

No water under that bridge [Oscar] Empty
Mer 11 Mai - 21:13

Aster & Oscar
No water under that bridge


Pas très étonnant qu’elle ne veuille pas recommencer de sitôt, vu la tête qu’elle tirait et la pâleur de son visage. En même temps, Oscar aurait probablement été dans le même état s’il avait essayé d’affronter une de ses peurs. Donc franchement, il n’avait rien à dire. Juste se taire et essayer d’être là le temps qu’elle reprenne un peu ses esprits. Il ne put s’empêcher de pouffer de rire à sa dernière remarque. C’est vrai qu’en tant que sorciers, ils étaient largement capables de se passer de ponts.

« C’est vrai qu’on peut. Ça peut demander une certaine organisation, mais je pense qu’on peut survivre sans. »

Malgré l’amusement léger, il restait inquiet. Ok, il avait compris ce qu’il s’était passé – enfin... plus ou moins – mais on ne se remettait pas de ce genre d’attaque de panique en une demi-minute. Elle lui assura à deux reprises que ça allait, mais il n’était pas vraiment sûr que la laisser seule là tout de suite soit une bonne idée. Non, définitivement, il allait rester encore un peu.

« Euh ben… De rien. ‘Fin j’ai pas… Ouais, de rien. »

Il avait l’impression de n’avoir rien fait du tout, mais si elle le remerciait, peut-être qu’il y avait une raison ? Aucune idée, mais mieux valait ne pas la contrarier et éviter une discussion peu utile à cet instant précis. Le but c’était de la rassurer, pas de l’agacer. Elle se mit à sourire et il resta coi l’espace d’un instant, avant de sourire à son tour. Il se mit ensuite à divaguer, confiant ses propres peurs et notamment sa phobie la plus secrète – et la plus ridicule à ses yeux – histoire de dédramatiser un peu tout ça. Il fut heureux de voir qu’elle passait très rapidement à ce nouveau sujet, puisque c’était là toute son intention. Il ne voulait pas qu’elle oublie ce qu’il venait de se passer, mais peut-être que se concentrer sur autre chose durant au moins quelques minutes l’aiderait à arrêter la « crise » ? Il haussa les épaules et fronça légèrement les sourcils, se concentrant pour tenter d’expliquer sa peur irrationnelle.

« Je sais que c’est bizarre. Mais y’a plusieurs facteurs, promis c’est pas complètement insensé. Déjà, j’ai failli en avaler un quand j’étais petit. Je courais dans un des champs pas loin du village, et euh... Bon, je vais pas te faire un dessin. Et je peux te le dire, ça a un goût HORRIBLE. Et ensuite... J’en ai vu un sortir d’un cocon un jour et j’ai trouvé ça complètement immonde. On aurait dit un truc venu d’un autre monde, c’était... Je saurais même pas te décrire. Beurk. »

Un frisson de dégoût le parcourut rien qu’à l’évocation de ce moment et il grimaça. Alors que le silence s’étirait légèrement entre eux deux, leurs regards fixés sur l’herbe, Aster se remit à parler. Il l’écouta presque religieusement, comprenant un peu mieux ce qu’il venait de se passer. Il perçut son mouvement et tourna le regard vers elle, mais en constatant qu’elle évitait ses yeux, il se concentra à nouveau sur la verdure.

« J’comprends, tu sais ? J’ai passé mon enfance à avoir peur de tout ce qui pouvait m’arriver à l’extérieur. C’est pas comparable, parce que c’était pas une peur de mourir, mais... Quand j’étais petit, je vivais très mal le fait d’être métamorphomage. Alors j’ai appris à refouler tout ça et à ne jamais laisser mon don s’exprimer. Sauf que j’étais petit et que parfois je pouvais pas contrôler mes émotions. Donc je me contentais de pas sortir, pour éviter le regard des gens, éviter les accidents. Et j’te raconte ma vie déjà parce qu’elle est super intéressant, mais aussi parce que je comprends qu’on puisse avoir peur, même si la peur paraît complètement déraisonnable. Je... Savais pas pour ton accident. Mais je suis heureux que t’aies pu t’en sortir. »

Cette fois, il fit exprès de se tourner plus franchement vers elle, cherchant son regard. Dans ses yeux, pas de pitié, simplement de la compréhension, et peut-être une pointe de tendresse.
AVENGEDINCHAINS
Aster Vaughn
Aster Vaughn
Assistante infirmière
Messages : 360
Date d'inscription : 25/09/2020

No water under that bridge [Oscar] Empty
Dim 15 Mai - 22:39
Mieux valait se moquer de ses peurs si on voulait les tenir à distance. Leur petit dialogue sur l’inutilité des ponts était tout à fait dans l’esprit dont Aster avait besoin, et elle approuva. Même si elle n’était pas encore en état d’être hilare, il fallait bien reconnaître que c’était absurde. C’était vrai que vivre sans pont lui demandait de l’organisation ! Partout ailleurs, il suffisait de transplaner de l’autre côté (une bénédiction qu’elle ait eu son permis de transplanage au moment de l’accident !) mais à Poudlard, où transplaner était interdit, c’était plus compliqué. Elle devait constamment planifier des détours chronophages, trouver des excuses pour marcher séparément d’un groupe d’amis… Une vraie galère, mais tout compte fait, moins que faire une crise de panique au milieu d’un pont. Pffff.

Assise à absorber lentement la tranquillité de la terre ferme, elle écouta attentivement Oscar décrire les origines de sa phobie des papillons. Dans d’autres circonstances, elle aurait pu trouver ça amusant, mais pas aujourd’hui. Aucune peur n’était ridicule quand elle était sincère. Elle fronça les sourcils :

« Mais tu l’as… mâché ? »

Comment aurais-t-il su le goût que ça avait autrement ? Elle pouvait aisément imaginer la collision entre un insecte et un enfants tous les deux lancés à grande vitesse, mais est-ce que le premier réflexe n’aurait pas dû être de tousser pour recracher la créature ? C’était grand, quand même, un papillon. Elle s’abstint malgré tout de poser plus de questions, parce qu’elle imaginait que ce n’était pas le genre de détails sur lesquels le bibliothécaire devait aimer s’appesantir. Entre les rayonnages de sa bibliothèque et les quartiers secrets du Londres moldu, il ne semblait pas très porté sur le champêtre, pour quelqu’un originaire de Pré-au-Lard. Cet univers loin du cadre bucolique où avait eu lieu son propre drame lui convenait bien. Les chatons pouvaient être d’adorables compagnons d’intérieur, et elle se concentra sur eux en se laissant aller à quelques confidences.

Elle hésitait à devoir en dire plus. Fallait-il mentionner Marigold ? C’était… Elle tergiversait, quand à sa grande surprise, Oscar lui répondit en allant à son tour sur une confidence plus profonde. Est-ce qu’il la comprenait vraiment, comme il l’affirmait ? En tout cas, son empathie faisait du bien. Elle pouvait tout à fait se reconnaître dans cette idée d’avoir peur du monde et de se renformer sur soi pour éviter les risques. Il y avait bien plus de choses que simplement les ponts qu’elle évitait depuis l’accident. Des bouts entiers de sa vie qu’au fond, elle avait mis sur pause. Il cherchait son regard et elle ne se sentit pas autorisée à se dérober une fois de plus.

« Merci. »

Elle aussi pouvait dire, aujourd’hui, qu’elle était malgré tout heureuse de s’en être sortie, d’être vivante. Ca n’avait pas toujours été facile d’arriver à cette conclusion et la culpabilité était encore très forte certains jours, comme ce matin d’ailleurs. Merci aussi pour sa sincérité qui lui donnait la confiance d’être à son tour plus authentique.

« Je sais ce que ça fait de compartimenter ses émotions. Ca a été ma manière de survivre ces dernières années. Si j’ai parlé à très peu de monde de mon accident, c’est parce que… » Elle inspira doucement. « … ma petite sœur est morte sur ce pont, elle. Et… ma douleur aurait prit trop de place si elle avait été reflétée dans le regard des autres. »

Et elle venait d’en parler au passé, comme si l’énoncer à quelqu’un hors de son cercle intime brisait une malédiction. A moins que cela ne fasse simplement rentrer Oscar dans ce cercle intime ? Peut-être bien les deux. Elle le regarda avec un soulagement mêlé d’appréhension. Elle ne voulait pas que cette information soit trop lourde pour lui, ça n’avait pas été son intention de se décharger à son détriment.
https://mefaitsaccomplis.forumactif.com/t805-aster-vaughn-bees-h
Oscar Ridley
Oscar Ridley
Bibliothécaire
Messages : 103
Date d'inscription : 28/03/2021

No water under that bridge [Oscar] Empty
Mer 18 Mai - 19:47

Aster & Oscar
No water under that bridge


Oscar pressa ses lèvres, plissa légèrement les yeux, mais finit par se mettre à rire, haussant les épaules.

« Nan, je l’ai pas mâché ! Mais ça m’a laissé un goût dans la bouche, même s’il est pas resté longtemps. C’était... Yuck. »

Il fit la grimace et frissonna de dégoût rien qu’en se souvenant de la scène. C’était probablement l’un des pires moments de sa vie. Et oui, c’était tout à fait objectif. Pas du tout parce qu’il avait eu la trouille de sa vie ni parce qu’il avait vomi ses tripes juste après... Rien à voir. Passé le moment de ‘détente’ qu’il avait essayé d’installer, la conversation tourna à nouveau vers le sérieux. Il ne savait pas trop pourquoi il lui confiait ses peurs d’enfants. Peut-être parce qu’il voulait lui faire comprendre que tout le monde avait peur de quelque chose, que ce n’était pas honteux et qu’une peur n’était pas forcément plus importante qu’une autre. Ouais, c’était un peu bizarre, mais il avait juste envie de la rassurer et de ne plus voir cette terreur sur son visage. Il n'aimait pas vraiment voir ce genre d’émotions sur ses traits. Il préférait largement voir ses lèvres étirées d’un sourire. Cependant ce fut lui qui se mit à sourire en l’entendant le remercier. Il ne répondit pas, se contentant d’un léger hochement de tête. Il n’attendait pas qu’elle le remercie, il voulait simplement l’aider parce qu’il l’appréciait. Il appréciait cette espèce d’amitié étrange qui les liait depuis quelques mois, après des années à se disputer comme chien et chat pour aucune réelle raison. Alors s’il pouvait l’aider à se sentir au moins un peu mieux, il le faisait absolument sans hésiter. Le silence ne dura pas très longtemps avant qu’Aster ne reprenne la parole, se mettant à son tour à se confier. Elle lui révéla alors que sa petite sœur était décédée dans l’accident qui avait causé sa phobie des ponts et il resta coi un instant. Il fronça légèrement les sourcils, pas par colère, mais simplement parce qu’il tentait d’assimiler les informations qui venaient de lui être confiées. Oscar, lui, n’avait jamais perdu qui que ce soit, pas même un grand-parent ou un animal. Le deuil, il ne connaissait vraiment pas. Alors il préférait se taire quelques instants, histoire de ne pas sortir la première bêtise qui lui passerait par la tête. Il ne voulait pas non plus tomber dans les clichés et dire un truc trop mondain, trop basique... Il prit finalement une légère inspiration avant de se lancer.

« Là… Je peux pas dire que je comprends. Et j’préfère être honnête et te dire que je sais pas tout à fait quoi te dire. Mais, euh, j’imagine... Merci ? Enfin, de me l’avoir dit, j’veux dire. Déjà pour l’accident t’en parles pas, et j’avais jamais entendu dire que... ‘Fin bref, j’imagine que c’est pas le genre de truc dont tu parles avec n’importe qui, alors merci. J’en parlerai pas si tu veux pas en parler. Mais si tu veux en parler ben... On peut. Même si j’serai pas de très bon conseil face au... Ben au deuil, ou euh... Fin ces choses-là. Parce que j’y connais pas grand-chose. »

Il grimaça légèrement et se passa une main dans les cheveux et les ébouriffa, dérangeant les chatons qui feulèrent avant que l’un d’eux ne disparaisse et que l’autre ne s’allonge à nouveau, une lueur méfiante au fond des yeux.

« En tous cas... J’sais que j’aimais pas voir la pitié dans le regard de mes parents, alors j’te promets de pas te regarder comme ça. Enfin de faire mon maximum pour jamais le faire, en tous cas. »

Nouveau sourire remontant presque jusqu’à ses oreilles. Il espérait ne pas l’avoir mise mal à l’aise et surtout, il voulait croire qu’elle continuerait de s’ouvrir et de se confier à lui.

AVENGEDINCHAINS
Aster Vaughn
Aster Vaughn
Assistante infirmière
Messages : 360
Date d'inscription : 25/09/2020

No water under that bridge [Oscar] Empty
Dim 10 Juil - 20:48
Il ne comprenait pas. Aster lui rendit sa petite grimace, mimétisme inconscient qui se voulait appréciateur. Les « je comprends » vide de sens étaient l’une des choses qu’elle avait le plus détesté entendre, après la mort de sa sœur. Rare étaient ceux qui connaissaient comme elle le mélange de dévastation, d’injustice, de culpabilité qui l’avait terrassée, et continuait encore aujourd’hui à la torturer à des intensités variables selon les jours. Il aurait fallu avoir perdu un être proche, et plus précisément un être dont vous étiez le modèle, l’exemple, le protecteur désigné, comme tous les ainés de ce monde prenant un peu leur rôle au sérieux, et puis, avoir été présent au moment de l’incident, avoir raté le sauvetage, avoir seul survécu. C’était très spécifique, et l’honnêteté d’Oscar était rafraîchissante. Une preuve de plus, peut-être, qu’elle pouvait lui faire confiance.

« Tant mieux. Si tu ne comprends pas, je veux dire. » Elle ne souhaitait ça à personne. « Et oui, je préfèrerais que ça reste entre nous. Marigold… » Elle inspira douloureusement. Ce prénom était devenu un mot presque sacré, auquel elle pensait souvent mais prononçait rarement. « Elle est morte avant d’entrer à Poudlard alors sa disparition a été moins remarquée qu’elle n’aurait pu l’être, et ça me convient comme ça. »

Elle n’avait jamais eu peur que la mémoire de sa sœur s’efface chez ceux qui auraient dû être ses camarades de classe et avaient été ses amis d’enfance. Son souvenir était trop brûlant dans son propre esprit pour craindre qu’elle soit jamais oubliée. Et puis, à un certain degré, Aster s’était complu dans la solitude de sa douleur. Sa fierté était une béquille avec laquelle repousser ses émotions les plus fortes. Pas très stable, mais un coup au bon endroit faisait son petit effet.

Elle hocha la tête quand il lui promit de ne pas la regarder avec pitié, et le silence était riche de mots, comme un écho de son merci précédent. Elle était incapable de sourire à ce moment précis, mais elle appréciait vraiment ses efforts et sa manière d’aborder sa confidence. Et c’était drôle qu’il fasse référence à ses parents. Elle-même avait du mal à être proche des siens depuis le drame, et ils ne seraient pas les premiers à lui être venus à l’esprit pour une comparaison dans un moment pareil. Pourtant, c’était chez eux qu’elle se rendait, avant de bêtement vouloir emprunter ce stupide, stupide pont. Elle se déplia lentement pour se relever, presque réticente à s’arracher à la terre.

« En parlant de parents, je suis censée aller rejoindre les miens. Tu… hum… veux m’accompagner jusqu’à la limite du parc ? Je vais transplaner. »

Manière de dire qu’elle aurait bien prolongé cette rencontre fortuite, maintenant qu’elle tenait sur ses jambes et qu’elle avait déballé son plus lourd secret.

« Et tu sais, pour ton don… Ca serait dommage de cacher tes chatons du reste du monde. Je les aime beaucoup. »

Elle leur adressa un regard affectueux. Elle devait admettre qu’elle était un peu plus légère à l’idée qu’Oscar soit au courant pour son accident, pour la mort de sa sœur, et pour le fait qu’elle n’aurait plus jamais à lui révéler ça. Mais elle n’avait pas très envie de s’épancher plus pour l’instant non plus. Certaines discussion devaient laisser pousser leur racines.
https://mefaitsaccomplis.forumactif.com/t805-aster-vaughn-bees-h
Oscar Ridley
Oscar Ridley
Bibliothécaire
Messages : 103
Date d'inscription : 28/03/2021

No water under that bridge [Oscar] Empty
Ven 29 Juil - 17:19

Aster & Oscar
No water under that bridge


Face à tant de douleur et de tristesse, Oscar ne pouvait prétendre qu’il comprenait. Il n’aimait pas mentir et ne cachait en general pas ce qu’il ressentait. L’honnêteté pouvait parfois être la meilleure des armes et vu les émotions qui passaient sur le visage d’Aster, il avait visiblement fait le bon choix. Il lui offrit un sourire triste quand elle révéla son soulagement qu’il n’ait pas connu ce genre de chose et hocha la tête pour lui assurer que non, définitivement, il ne dévoilerait rien à personne. La douleur qu’il pouvait ressentir dans la simple inspiration prise après avoir prononcé le prénom de sa sœur lui serra le cœur et il ne put s’empêcher de l’attirer dans ses bras, frottant doucement son dos.

« Je suis désolé qu’elle ait pas pu connaître tout ça. Peut-être... Peut-être qu’elle le vit un peu à travers toi ? »

Toute cette conversation était difficile à aborder, pour lui qui n’avait jamais perdu qui que ce soit, et il espérait simplement ne pas dire de bêtise plus grande que lui. Il la relâcha finalement et lui sourit à nouveau.

« Si jamais tu veux parler d’elle, parfois... Hésite pas à venir me voir. J’imagine que c’est pas un truc que tu fais tout le temps et que c’est pas facile. Mais si t’arrives plus à tout garder pour toi, j’suis là. Enfin je serai là. Si... Ça arrive. »

Aucune pitié ni dans son regard ni dans sa voix, simplement de la douceur. Il voulait qu’elle se sente bien à ses côtés, qu’elle puisse trouver en lui un certain réconfort. Il n’aimait pas forcément recevoir les confidences des gens – pas forcément le meilleur pour écouter ou prodiguer des conseils – mais c’était différent avec Aster. Elle finit par se relever et il suivit son geste, époussetant son pantalon plein d’herbe. Il fut surpris de la demande qui suivit mais hocha la tête, acceptant aussitôt.

« Oui, bien sûr ! Si tu veux. T’inquiètes, j’te protègerai si y’a le moindre pont en vue. »

C’était peut-être un peu tôt pour en plaisanter, mais il n’avait pas pu s’en empêcher. Après tout, ça faisait partie de sa personnalité. Il avait toujours été le clown de service, prêt à rire de n’importe quel sujet. Il vérifia d’un coup d’œil qu’elle tenait bien sur ses jambes et glissa les mains dans ses poches avant de commencer à avancer. Il se retourna cependant lorsqu’il entendit sa voix s’élever à nouveau et sourit largement, une légère rougeur s’étalant sur ses joues. Il passa une main dans ses cheveux multicolores, dérangeant les chatons qui tentèrent d’attaquer ses doigts, puis rit doucement.

« J’avoue que je les aime beaucoup aussi. Ma tête serait vachement plus ennuyeuse sans eux. Mais j’avoue que j’ai mis du temps à le comprendre. Parfois... Parfois on a juste besoin de beaucoup de temps et de patience pour que les choses deviennent clair dans notre esprit. »

Il lui lança un nouveau sourire puis lui tendit la main pour qu’ils se mettent en route. Après tout, elle avait un rendez-vous, non ?
AVENGEDINCHAINS
Aster Vaughn
Aster Vaughn
Assistante infirmière
Messages : 360
Date d'inscription : 25/09/2020

No water under that bridge [Oscar] Empty
Sam 10 Sep - 10:15
L’étreinte d’Oscar, spontanée et inattendue, la surprit, mais pas autant, peut-être que sa propre réaction : Aster se laissa faire, étrangement passive face à ce geste de réconfort qui se contentait d’offrir, sans demande. C’était bon d’arrêter de se battre, même quelques instants. C’était bon, un minuscule instant, de ne pas être toute seule face à sa douleur. Non pas que personne ait jamais pu la lui prendre : Oscar l’avait dit lui-même, il ne comprenait pas. Mais, aussi maladroitement que ce soit, il était à ses côtés et elle se sentie… soutenue par cette accolade. Accompagnée.

Est-ce que sa sœur vivait à travers elle ? Elle ferma brièvement les yeux, et secoua doucement la tête, sans qu’Oscar puisse la voir. A la vérité, cette idée l’horrifiait. Elle n’était pas sûre de réussir à vivre suffisamment bien pour elle-même la moitié du temps, malgré toute son assurance à glisser dans un quotidien bien régler, alors, devoir vivre pour deux… Ca aurait été beaucoup de pression, plus qu’elle n’aurait pu en supporter. Sa sœur était… Elle ne savait pas trop, exactement. Sa sœur était dans son cœur, ça, c’était certain, mais ce n’était pas une quelconque procuration.

Il la relâcha et elle eu un bref éclat de rire sans joie, reliquat de mécanisme de défense, à ses paroles suivantes.

« Tout le temps ? Je ne parle jamais d’elle. »

Elle se pencha un peu vers lui, comme pour prolonger la douceur de l’instant précédent, garder des miettes de leur inattendue proximité, comme un baume sur les aspects encore tranchants de son deuil. Elle regrettait déjà la dureté de son ton, quand il n’y avait qu’empathie dans les yeux d’Oscar. Ce n’était pas contre lui et elle espérait qu’il comprendrait.

« Mais si ça arrive. » répéta-t-elle avec plus de douceur, comme un écho de paix, un acquiescement léger. L’idée de s’épancher à ses côtés était troublante. Elle ne le faisait même pas avec ses meilleurs amis, alors pourquoi avec lui ? Ils se connaissaient mal. Etait-ce cette distance qui rendait les confidences soudainement attractives ? Non. Pas quand c’était une distance qu’elle avait envie de refermer un peu plus à chacune de leurs rencontres, ces derniers temps. Etait-ce parce qu’il ne l’avait pas connue (ou pas vraiment) avant Marigold ? Elle avait aimé, l’autre jour, glisser deux ou trois phrases banales sur les livres préférées de sa sœur, comme ça, naturellement, sans lourdeur et sans passif. Normalement. Peut-être qu’elle pourrait lui parler d’elle ainsi, comme si aucun drame n’avait eu lieu, comme si sa cadette faisait encore partie de sa vie. Ca semblait si normal et agréable. Reposant.

Ils se relevèrent et, sans exactement que le charme ne soit rompu, la vie sembla repartir de l’avant, dans le mouvement. Sa nouvelle remarque sur les points lui arracha cette fois-ci un vrai sourire, avec un soupçon d’humour au coin des yeux. Ils se mirent en route côte à côte sans se regarder, et Aster savoura cette complicité nouvelle bien qu’encore un peu bancale, avant de rompre le silence. Elle s’arrêta, fascinée, pour admirer la course-poursuite des doigts et des chatons dans les cheveux d’Oscar, et ne pu s’empêcher de noter qu’il avait légèrement rosit. C’était assorti à ses cheveux, ça lui allait bien. Elle acquiesça, et glissa sa main dans la sienne, heureuse de cette proposition. C’était à la fois naturel et délibéré. Inédit d’entremêler ses doigts avec ceux d’une main à la taille proche de la sienne. Au fond, il n’y avait pas que les chatons qu’elle admirait chez Oscar, mais certaines choses nécessitaient en effet bien de la patience, pour être vues.
https://mefaitsaccomplis.forumactif.com/t805-aster-vaughn-bees-h
Contenu sponsorisé

No water under that bridge [Oscar] Empty
Page 1 sur 1

Sauter vers: